VIDÉO - Trafic de drogue : comment Dijon est-elle devenue l'une des villes les plus violentes de France ? | TF1 INFO

LCI - 31/03
[VIDÉO] Depuis quelques mois, Dijon est le théâtre de fusillades et de règlements de compte. Une opération "place nette XXL", ordonnée par Gérald Darmanin, a été lancée le 25 mars dernier pour lutter contre le trafic de drogue. Pourquoi Dijon est-elle devenue l'une des villes privilégiées des trafiquants ? - VIDÉO - Trafic de drogue : comment Dijon est-elle devenue l'une des villes les plus violentes de France ? (Police, justice et faits divers) - TF1 INFO

Depuis quelques mois, Dijon est le théâtre de fusillades et de règlements de compte.
Une opération "place nette XXL", ordonnée par Gérald Darmanin, a été lancée le 25 mars dernier pour lutter contre le trafic de drogue.
Pourquoi Dijon est-elle devenue l'une des villes privilégiées des trafiquants ?

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Trafic de drogue : des opérations "Place nette XXL" lancées partout en France

Devant la caméra de TF1, des policiers de Dijon (Côte-d'Or) procèdent à la cinquième opération anti-drogue en moins d'une semaine dans le quartier des Grésilles, repaire des trafiquants de drogue. Derrière une porte dans un immeuble, se trouvent des tas de pierres. "C'est typiquement le genre de projectiles qui peut servir pour tendre des guet-apens", explique un policier.

Si Dijon, réputée tranquille, n'est habituellement pas une des villes plaques tournantes du trafic de drogue, elle est pourtant, depuis quelques mois, le théâtre de violences exacerbées. Comment cette ville d'à peine 160.000 habitants est-elle devenue l'une des destinations privilégiées des trafiquants de drogue ?

"Des points de deal qui tournent bien"

Les forces de l'ordre donnent une réponse : les points de deal de la ville, extrêmement profitables, attirent depuis peu des petites mains, venues notamment de Marseille pour essayer d'en prendre le contrôle. "À Dijon, vous avez des points de deal qui tournent bien. On est sur un axe routier qui peut être aussi intéressant pour la livraison, puisque Marseille, Lyon, Paris, vous avez un bel axe routier. Ça peut avoir aussi un petit intérêt de s'installer dans une ville de province qui s'est un peu moins bien structurée. C'est peut être plus facile d'arriver à faire son trou sur place", avance Cédric Bovrisse, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police (Côte-d'Or).

Les violences sont donc montées d'un cran. En novembre dernier, un père de famille de 55 ans est décédé d'une balle perdue pendant une fusillade dans le quartier Stalingrad, alors qu'il dormait dans son appartement. Depuis, certains habitants du quartier redoutent chaque sortie. Par peur de représailles, ils préfèrent témoigner de façon anonyme. "Il y a des périodes où il ne vaut mieux pas être dehors. Quand je me fais ramener en voiture, je demande toujours à la personne qui vient de veiller à ce que je sois bien rentrée dans le bâtiment avant de partir", confie une habitante.

Pour se protéger, certains voisins vont même plus loin. "Il y a des gens qui détiennent des armes, ça va être des armes de poing. Après, vous pouvez aussi avoir des armes de guerre", affirme un autre habitant. S'armer est donc devenue une solution désespérée pour faire face à un trafic de plus en plus organisé. En effet, à Dijon, fini les petites ventes isolées limitées au cannabis. Aujourd'hui plus structurés, les réseaux sont passés aux drogues dures, comme la cocaïne. "Ce qu'on peut constater, c'est une espèce de libéralisation du marché. Chaque point de deal et chaque dealer a toujours les trois produits phares proposés à la vente, c'est-à-dire cannabis, cocaïne et héroïne", liste Olivier Caracotch, procureur de la République de Dijon.

Un mois de fusillades

L'opération antidrogue "Place nette XXL", annoncée par le gouvernement, a débuté le lundi 25 mars à Dijon. Elle doit durer trois semaines et se déroulera dans des quartiers dits sensibles de l'agglomération dijonnaise, à savoir Les Grésilles, Fontaine d'Ouche, Stalingrad ou encore le quartier du Belvédère à Talant, énumère France 3 Bourgogne-Franche-Comté.

Marqué par les fusillades, le mois de mars a été d'une violence extrême à Dijon. Comme le rappelle France 3, un jeune homme a été blessé le 13 mars dernier dans le quartier de la Fontaine d'Ouche. Dans la nuit du 14 au 15 mars, un homme de 19 ans a été mortellement poignardé à Talant. Deux jours après, le 17 mars, toujours à Talant, un adolescent de 15 ans a été tué par balles sur un point de deal dans le quartier du Belvédère. Le 20 mars, un guetteur d'une trentaine d'années a été blessé sur l'avenue Champollion. Plus récemment, le 24 mars dernier, une personne a été blessée par balles dans le quartier de la Fontaine d'Ouche.

Au micro de TF1, la mère d'une victime poignardée dans un règlement de compte fait part de son incompréhension : "Avant, on enterrait des papis, des mamies et là, j'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de jeunes qui partent. Récemment, c'est de pire en pire. On entend parler que de ça. Pourquoi Dijon ? On ne sait pas."

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